Je me suis d’abord dit que l’imaginaire était la dernière de nos pensées libres. On est libre de visualiser une poule aux plumes violettes, libre d’imaginer notre vie avec trois bras, libre de penser à un monde où 90% des dirigeantes seraient des femmes.

Et une pensée libre, c’est rare. Comme les femmes dirigeantes.

Quand je pense à l’imaginaire, je pense au Petit Prince qui est content de son mouton seulement lorsque Saint Exupéry lui dessine une boîte : il a enfin la possibilité d’avoir exactement le mouton qu’il veut.

Je pense aussi à cette phrase de Baudelaire : celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée.

L’imaginaire ce serait ça, l’absence de savoir. Quand on ne sait pas on invente. Alors que quand on sait, on sait. Voilà. L’explication de l’imagination sans limite des enfants se trouve ici : dans leur ignorance 🤓. En revanche, nous les adultes, quand on ne sait pas, on va sur Google. Et peut-être que Google est à l’imaginaire ce que l’eau de Javel est à la saleté : une solution ravageuse.

Peut-être que le secret d’une imagination débordante, c’est une boîte vide et fermée, une vraie boîte vide et fermée, à glisser dans son sac et que l’on peut consulter à tout moment pour donner des réponses aux questions qui n’en ont pas. C’est laisser à notre cerveau faire ce chemin dont il n’a plus l’habitude. Un chemin avec pour destination le savoir mais où il est tout à fait possible de s’arrêter avant, pour profiter de ce merveilleux endroit appelé Imagination.

 

 

 

 

 

Article écrit par Sophie Astrabie.