Mercredi dernier, veille de rentrée scolaire, je me suis dit tiens, je n’ai toujours pas reçu de mail d’information sur le déroulement de la première journée d’école. J’ai alors réfléchi à ma propre rentrée lorsque j’étais enfant et qu’il n’y avait pas Internet pour nous noyer sous une tonne de consignes. C’était l’époque où il fallait soit retenir une information donnée en juin, soit aller consulter un panneau d’affichage, le soir après le dîner. Surtout, c’était l’époque où après le dîner ça voulait dire pyjama et cheveux propres. 

Depuis que je suis adulte, je pense beaucoup à mon enfance avec l’impression tenace que cette période ne s’est jamais arrêtée parce que personne, à aucun moment, m’a dit clairement “ça y est, c’est là que ça s’arrête.” 

Mais l’enfance s’est arrêtée. C’est évident puisque quelqu’un, juste en face de moi, un peu plus bas, est en train de vivre la sienne. Et je ne peux pas m’empêcher de penser qu’avoir des enfants c’est vivre sa vie une deuxième fois mais en assistant au spectacle.

La rentrée scolaire est là, et avec elle c’est l’enfance qui vient cogner à la porte de notre vie. Rien ne ressemble plus à notre enfance que cette période d’entre deux, qui sépare l’été et le cartable. Cette période de nostalgie heureuse, de musiques sans paroles et du souvenir de notre mère qui n’a pas quarante ans.

La rentrée, c’est ce moment de l’année où le monde se divise en deux. Ceux qui sont contents et ceux qui ne le sont pas. Et ce qui est marrant c’est que globalement, il y en a autant d’un côté que de l’autre. Comme si les nostalgiques étaient aussi nombreux que les impatients.

En septembre, il y a cette ligne d’horizon où d’un côté un soleil se couche mais de l’autre il se lève. Une fine rencontre du passé et du futur, peut-être un des rares moments qui nous ait donné de vivre au présent.

La rentrée, c’est ce mélange de flemme et d’excitation, de sable au fond des sacs qui ne vont plus à la plage et d’agendas vides que l’on rêve de remplir différemment. Les résolutions qui se suivent et se ressemblent. Le quotidien qui reprend sa place, à la fois rassurant et étouffant.

Alors que peut-on vraiment se souhaiter pour cette rentrée, cette période de nouveau souffle ? Sans doute de revivre les rentrées de notre enfance. De découvrir un nouveau décor et de nouvelles personnes. De prendre des notes sur un cahier et d’apprendre des autres. De sortir de sa zone de confort, de grandir encore et de s’inspirer beaucoup. De faire des rencontres, des petites et des grandes. 

De se déplacer pour aller voir de vos propres yeux et d’oublier Internet, un peu. D’avoir un joli pyjama, mais surtout de belles occasions de s’en défaire.

Le programme du Curiosity Club est là.  Et on en est super fières.

On vous souhaite une bonne rentrée curieuse.