Depuis quelques mois, nous avons donné la parole à des jeunes filles de 4 à 19 ans, pour qu’elles nous partagent leur vision du monde, les femmes qui les inspirent, leurs ambitions pour demain…

Grâce à l’association Inspiring Girls, nous avons pu échanger et discuter avec elles et c’était absolument passionnant !

Et puis un jour, Jeanne, 12 ans, la jeune ambassadrice de l’association, nous a dit qu’elle aussi, elle aimerait bien échanger avec des femmes d’autres générations. Pourquoi pas après tout ?

Son rêve ? Discuter avec une grimpeuse professionnelle, une star de l’escalade ! Nous l’avons donc mise en relation avec Charlotte Durif, grande championne dans le domaine.

Jeanne : Qu’est ce qui t’a amené à devenir grimpeuse ? Qu’est ce qui te plaisait vraiment dans cette discipline ?

Charlotte : Quand j’étais toute petite, mon père emmenait mon frère et moi faire plein d’activités en extérieur, dont de l’escalade. Mon frère s’est inscrit dans un club, et je l’ai suivi quelques années plus tard. J’adore la diversité de l’escalade : intérieur/ extérieur, bloc/voies, etc. Ce qui m’a très vite plus c’était de partir presque tous les week-ends pour aller grimper quelque part.

 

J :Est-ce que tu as déjà observé une différence entre toi et les grimpeurs hommes ? (En termes de popularité, de visibilité, de sponsor, d’accompagnement…) Est ce que tu penses que tu es moins connue en tant que femme contrairement aux hommes ?

C : Je pense qu’au contraire l’escalade est un bon exemple de parité entre les hommes et les femmes. Au final on grimpe sur les mêmes rochers, et les mêmes voies ou blocs. Les compétitions sont genrées, mais nous avons les mêmes prize money que les hommes.

 

J : As-tu trouvé ça décourageant ou au contraire plus motivant qu’il y ait plus d’hommes que de femmes dans ce secteur ?

C : Ca ne m’a jamais personnellement posé de problèmes, qu’il y ait plus d’hommes que de femmes, je pense que ça me plaisait d’être parfois la seule fille et de rivaliser (de façon amicale) avec les garçons.

 

J : As-tu une autre activité professionnelle en dehors de l’escalade ?

C : J’ai fait des études dans la science : classes préparatoires maths-sup maths-spé, puis une école d’ingénieur (ENSMM) et enfin une thèse de doctorat en science des matériaux (à l’IEM de Montpellier). J’adore ça ! Aujourd’hui je vis au Etats-Unis, et je vis en toute petite partie comme grimpeuse professionnelle, mais j’ai aussi d’autres métiers : comme photographe et vidéaste ou encore chercheuse sur un projet autour les matériaux des prises d’escalade.

 

J : Est-ce que l’escalade est devenu ton métier par passion ou ça a toujours été un objectif ?

C : Ma passion. D’ailleurs, je n’ai jamais voulu faire de l’escalade mon métier (je veux que ça reste ma passion), c’est pourquoi je garde toujours d’autres activités professionnelles en parallèle.

 

J : Quel conseil donnerais tu à des jeunes filles qui aimeraient se lancer dans le sport professionnel et plus particulièrement dans l’escalade ?

C : Fonce ! Une de mes expressions favorites c’est « quand on veut, on peut ». Si c’est ça qui te fait rêver, donne toi en les moyens en t’entourant des bonnes personnes et en gardant toujours en tête que l’escalade c’est que du bonheur.

 

J : Quelle est la paroi que tu rêves de grimper ?

C : Aujourd’hui, même si je continue à grimper énormément, mon attrait pour de nouvelles parois se tourne vers leur développement. J’aimerais beaucoup continuer à parcourir le monde pour équiper de nouvelles voies, et le premier endroit qui me vient en tête est le Pérou. Même si j’y suis déjà allée, il y a encore plein de belles choses à y faire.

 

J : Qui est la personne qui t’inspire le plus ?

Des grimpeuses comme Lynn Hill , Liv Sansoz ou Martina Cufar me font rêver depuis toujours !