Cette semaine, nous avions envie de vous parler de la ménopause. En réalité, ça fait plusieurs semaines qu’on a envie d’aborder ce sujet qui s’insère parfaitement dans le thème de l’âge mais on ne sait pas vraiment comment s’y prendre. Car la ménopause, on n’en parle pas. C’est un truc, qui est là, qui existe, mais personne n’en parle jusqu’à ce que ça vienne foutre le bordel dans nos vies. Un peu comme Fabien Lecoeuvre finalement. 

Et pour être tout à fait honnête, la ménopause, on ne savait pas exactement ce que ça signifiait, à part : “c’est le jour où on n’a plus nos règles”

Par exemple, à quel âge surgit-elle ? Quand on s’est posé la question dans l’équipe, il y a eu tous types de réponses. Du 40 ans comme du 60 alors que l’âge médian, c’est plutôt 51 ans.

51 ans, ça veut dire plusieurs choses.

La première c’est que notre budget règle est plus facile à calculer que notre budget “restaurant”. (51 – notre âge x 12 mois x 10€. En gros.)

La deuxième, c’est qu’en fait, avant, quand l’espérance de vie était de vingt-cinq ans (au XIIème siècle), la ménopause n’existait pas. Un jour, une femme a eu la ménopause. Et c’était inédit. Ce qui veut dire que si l’espérance de vie augmentait encore de plusieurs dizaines d’années, il se passerait peut-être des trucs incroyables, comme par exemple, nos cheveux qui deviennent bleus ou l’apparition de quelques plumes sur nos coudes. On ne sait pas.

Ce qu’on sait en revanche c’est ce qui arrive quand on nait car ça, ça a toujours été comme ça. Même au XIIème siècle. Et donc les bébés de sexe féminin naissent depuis toujours avec des ovocytes rangés dans leurs ovaires. Et vous voyez quand on part en week-end et qu’on prend trois robes, quinze pulls, six paires de chaussures parce que AU CAS OÙ ? Et bien là c’est pareil, des ovocytes, il y en a pas mal en stock car on ne sait jamais, donc prenons en un million.

L’ovocytes c’est un truc dont on n’entend pas trop parlé sauf s’il fait LA RENCONTRE qui va changer sa vie : un spermatozoïde. Auquel cas, il deviendra un ovule. Et là tout de suite on dit, oui, ok je vois. Bien sûr. Un ovule. C’est celui qui a joué dans plus belle la vie, non ?

L’ovocyte a une vie difficile. Sa vie, c’est l’euromillions mais en pire. Chaque mois, il part de son ovaire, confiant, avec son petit sac à dos et il se dit « c‘est mon moment » ou « this is my moment » s’il vise une carrière à l’international. Il tend son pouce au bord de la route et il attend qu’un spermatozoïde passe par là pour être fécondé et devenir un ovule. Si cela arrive, il deviendra ensuite un embryon puis un foetus puis un bébé, puis un enfant puis un adulte puis un vieillard puis… voilà. Si personne ne s’arrête, on dit que l’endomètre qui n’aura pas à faire grandir d’embryon, se desquame (= perte des cellules par les muqueuses ) et c’est le drame. Heu les règles. Bref c’est pareil.

Le problème c’est qu’avant, l’auto-stop fonctionnait beaucoup mieux. Maintenant, le trafic est régulé en quelque sorte. Il y a des capotes, des pilules, des stérilets, Netflix… donc bon, l’ovocyte qui tente sa chance, il SAIT que ça va être compliqué. Mais il y va quand même parce qu’il n’a pas de smartphone, pas de télé, pas de bouquin… il se fait un peu chier dans son ovaire.

Malgré tout, sur le million d’ovocytes présents dès la naissance, il y en a qui ne prendront jamais la route car trop la flemme. Ou plutôt parce que l’ovocyte est une cellule et que les cellules meurent elles aussi. Et oui. Donc sur le million d’ovocytes, seuls 400 à 500 sortiront pendant une des ovulations de la femme en espérant être fécondée. Les autres mourront en pantoufles.

La ménopause commence quand notre stock de follicules ovariens (= le sac dans lequel se trouve l’ovocyte) est inférieur à 1000. Là, une alarme se déclenche pour dire au corps de lever le pied ( pas littéralement bien sûr, ça serait trop bizarre : « Pourquoi tu lèves le pied ? » « Ben parce que j’ai plus que 1000 ovocytes. » « Ah. »). Les ovaires ne produisent plus d’œstrogène ni de progestérone, deux hormones qui permettent plein de trucs notamment de créer un bébé. Bon, je suis allée un peu vite mais au final, c’est ça.

Le problème, c’est que ces deux hormones ne servent pas qu’à gonfler de sang la muqueuse utérine en vue d’une grossesse (vous voyez où on va là, n’est-ce pas ? ). Non, ces hormones agissent aussi sur le squelette, la peau, le cerveau, le coeur, le système digestif… bref : sur tout.

Cette période où le corps n’a plus envie de bosser pour moins de 1000 ovocytes, s’appelle la périménopause. C’est une période qui peut durer d’un à huit ans (on croise les doigts) jusqu’à l’arrêt complet des règles. On dit que le corps est en transition hormonale. Le corps dit « ok j’arrête de bosser, mais je veux bien filer un coup de main par-ci par-là ». Sauf que bon, on sait bien comment ça se passe quand on fait les choses à moitié : mal.

L’oestrogène est une hormone qui s’occupe de la régulation de la température du corps par exemple. C’est pour cette raison que les femmes en périménopause ont des bouffés de chaleur. Parce que le corps, le thermostat, c’est plus trop son affaire. Il a bridge.

Et comme cette hormone s’occupe aussi de tout ce que l’on a cité un peu plus haut, et bien les os se fragilisent, la peau se relâche, le poids lui, s’accroche, il est plus difficile de s’endormir, l’humeur se trouble (40% de dépression chez les femmes en périménopause tout de même), les performances cognitives déclinent également : bref, on prend un coup de vieux.

Quand le corps ne fait vraiment plus rien – ce qui n’est pas pire franchement – il n’y a plus de règles (le surplus de sang dans la muqueuse utérine : terminé) et donc, c’est la ménopause.

Voilà. Maintenant vous savez, et nous aussi.

Et on a bien conscience qu’on ne vient pas de vous apprendre la meilleure nouvelle de votre journée mais le savoir c’est le pouvoir. Et les femmes peuvent tout.

 

 

Article rédigé par Sophie Astrabie.

Illustration par @gomzillustrations